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Zanzibar et ses épices

Le surnom n'est pas une trouvaille d'agence de voyages : il vient d'un moment où l'archipel fournissait l'essentiel du girofle mondial.

Une capsule de rocou ouverte, graines rouges apparentes

Un guide ouvre une capsule de rocou (Bixa orellana) lors d'une visite de plantation, Zanzibar — Wikimedia Commons, auteur et licence à compléter

D'où vient le surnom

Les véritables îles aux épices de l'histoire sont les Moluques, en Indonésie, berceau du giroflier. Zanzibar hérite du titre au XIXe siècle, quand la culture du girofle y est imposée à grande échelle par le sultan Seyyid Said. Dans les années 1840, l'archipel fournit environ les trois quarts du girofle échangé dans le monde.

Le sultan aurait décrété qu'un nombre fixe de girofliers devait être planté pour chaque cocotier. Les sources divergent sur le chiffre exact, mais l'effet est indiscutable : l'île se couvre de plantations en quelques décennies.

Ce qui pousse aujourd'hui

Pemba produit aujourd'hui plus de girofle qu'Unguja. C'est l'héritage direct du cyclone de 1872, qui avait détruit l'essentiel des girofliers de l'île principale.

La visite de plantation

Les fermes ouvertes aux visiteurs se concentrent dans les secteurs de Kizimbani et Kidichi, dans les terres au nord-est de Stone Town. La formule est partout la même : une marche commentée dans la plantation, où l'on froisse, gratte et sent les végétaux, une dégustation de fruits, et souvent un déjeuner swahili.

Le moment que tout le monde retient n'est pas une épice : c'est le rocou. Le guide ouvre une capsule hérissée de piquants, écrase les graines rouges qui se trouvent à l'intérieur, et vous peint une trace vermillon sur la main. On s'en sert comme colorant alimentaire et comme teinture ; les guides l'appellent l'arbre à rouge à lèvres.

Depuis le lodge, comptez une demi-journée à une journée avec la route. Un point de lucidité : le marché mondial des épices s'est effondré depuis l'âge d'or, et certaines fermes tirent aujourd'hui plus de revenus des visites que de la vente des récoltes. Ce n'est pas une raison de s'en priver, mais mieux vaut le savoir avant d'acheter.

Ce qu'on retrouve dans l'assiette

La cuisine swahilie porte toute cette histoire. Le riz pilau tire sa couleur et son parfum du girofle, de la cannelle et de la cardamome. Les currys de poisson combinent lait de coco, curcuma et gingembre. Et le thé masala, servi partout, n'est qu'une autre façon de boire la même plantation.

Sources

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Le blog du lodge : la faune de l'île, son histoire, ses épices et sa cuisine.